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Francés B1 EOI Aragón - Une dernière lune de miel avant les couches

La Babymoon débarque en France. Un break romantique quelques semaines avant la naissance d'un bébé.

 

Babymoon - Une dernière lune de miel avant les couchesVous l'avez sans doute déjà fait sans même savoir que vous étiez tendance. Des vacances en tête à tête avec le père de votre futur enfant, histoire de faire un break romantique quelques semaines avant la naissance du bébé. Jusque-là rien de très nouveau pensez-vous. Sauf qu'aux États-Unis, ça porte un nom. On appelle ça une « babymoon ».
Et oui, après les honeymoons (lunes de miel), voici les babymoons, un concept marketing juteux au succès grandissant outre-atlantique. À l'origine, le terme babymoon évoquait plutôt le temps privilégié que les parents passaient avec leur bébé juste après sa naissance. Rhabillé par les professionnels du voyage, il désigne maintenant des packages « all included », tout compris, proposés aux futurs parents soucieux de se « retrouver », au calme, avant l'ouragan... Une honeymoon dopée aux hormones en quelque sorte.
Selon l'industrie du tourisme, 6 millions d'Américains se laisseraient tenter chaque année par la formule qui peut aussi séduire des femmes très avancées dans leur grossesse, même si les gynécos jugent évidemment que le deuxième trimestre est la meilleure période pour aller se faire papouiller dans des hôtels et des spas spécialisés dans l'accueil des ventres ronds. Une envie subite de crème glacée à 2h du mat ? Pas de problème, grâce au room service 24/24, l'homme n'a même plus besoin de courir les rues désertes en pleine nuit.
Le moindre désir de la femme enceinte est devancé, tous les services sont adaptés à son état physiologique (pas de hammam ni d'huiles essentielles par exemple). Tout est fait pour qu'elle se sente divine, qu'elle oublie (un temps) ses vergetures, ses hémorroïdes et les brûlures d'estomac (qui a dit que la grossesse était un moment formidable ?). Pour madame, massages prénatals, drainage lymphatique, yoga, pédicure (vous avez déjà essayé de la faire vous-même à 7 mois de grossesse quand vous arrivez à peine à apercevoir vos orteils ?), pour monsieur un peu de sport (ah ! ces fichus kilos de la couvade), et bien sûr dîners aux chandelles et virées shopping pour trouver le trousseau de naissance ou les fringues qui permettront de rester glamour en allaitant (si si, il paraît que ça existe...). Tout ça n'est évidemment pas toujours donné, surtout si on part au bout du monde, dans un
resort luxueux sur une plage de sable blanc. Mais c'est au nom de la sauvegarde de la vie de couple, alors on ne va pas commencer à mégoter !
Comme souvent, le concept a traversé l'Atlantique et l'on commence à voir des agences et des hôtels proposer des week-ends « babymoon » en France. Dans des contrées vertes et zen comme Evian, Vittel, la Provence, ou encore le Bordelais et la Champagne. [...]
Difficile de prédire si les babymoons connaîtront le même engouement qu'aux États-Unis. [...]
Mais à bien y réfléchir, les Françaises étant championnes de la natalité, avec un taux de fécondité de deux enfants par femme, en grande partie grâce à une politique familiale certes loin d'être parfaite mais que nous envient pas mal de femmes dans le monde, pourquoi ne pas suggérer que ces vacances antepartum ne soient un jour remboursées par la Sécurité Sociale ? Au nom du renouvellement des générations ! Tiens par exemple quand Nicolas Sarkozy aura enfin terrassé les paradis fiscaux et que la France pourra jouir des 40 milliards de l'évasion fiscale...
Laure Watrin © www.slate.fr 
14/11/2009 (566 mots)

Ubisoft: L'interview à Yves Guillemot - EOI francés B1

Ubisoft: L'interview à Yves Guillemot

À quelques jours de son assemblée générale, Yves Guillemot, le PDG d’Ubisoft est confiant. Le champion français du jeu vidéo confirme ses objectifs annuels et prévoit une croissance de 20% cette année. Guillemot rejette toute idée de mariage avec Electronic Arts, expliquant que la convergence entre les industries de l’Internet et du jeu vidéo offre de nombreuses combinaisons.

 


Capital.fr : Quel rythme de croissance attendez-vous cette année ?
Yves Guillemot : Depuis janvier, les ventes de jeux ont progressé de 30% aux États-Unis et en Europe. Ce rythme devrait ralentir car de nombreux jeux à succès ont été lancés au cours du premier semestre. Sur l’ensemble de 2008, le marché devrait progresser de 20%. Nous attendons encore une année de croissance en 2009 avec une hausse des ventes d’au moins 10%.

Capital.fr : Avec le ralentissement économique, comment expliquez-vous la bonne évolution de l’industrie du jeu vidéo ?
Y.G. : Le marché du jeu se développe progressivement, grâce à la montée en puissance de la Wii ou de la DS de Nintendo. Ces consoles offrent de nouvelles façons de jouer, comme certains jeux (Guitar Hero), qui permettent l’arrivée de nouveaux joueurs. Si le joueur type était jusqu’à présent un garçon âgé de 6 à 40 ans, aujourd’hui les filles de 8 à 12 ans et les femmes de plus de 40 ans prennent une place croissante.

Capital.fr : Quels bénéfices réalisez-vous avec Nintendo ?
Y.G. : Aujourd’hui, Nintendo représente près d’un tiers de notre chiffre d’affaires. Et ce niveau devrait continuer à augmenter au détriment des jeux pour ordinateurs. Nintendo, qui a créé une nouvelle façon de jouer avec des jeux dits « casual » (= des jeux familiaux, plus faciles à jouer), devrait maintenir sa position privilégiée, même si ses concurrents, comme Microsoft, ont baissé le prix de leurs machines.

Capital.fr : Produire un jeu coûte de plus en plus cher, comment faites-vous ?
Y. G. : Produire un jeu « casual » coûte en moyenne 1 million d’euros, et il faut compter jusqu'à 20 millions pour un jeu haut de gamme. Dans ces conditions, un éditeur doit atteindre une certaine taille pour pouvoir consentir d’importantes dépenses en recherche et développement et assurer le développement de plusieurs jeux. L’objectif est de ne pas dépendre du succès d’un seul titre.

Capital.fr : Un rapprochement entre Electronic Arts et Ubisoft serait-il souhaitable pour concentrer le capital?
Y. G. : Chaque entreprise a son propre fonctionnement et a su développer des succès grâce à sa gestion, ses équipes. Et même si une fusion n’est pas impossible, il est toujours difficile d’unir des équipes si opposées. Aujourd’hui, Ubisoft, qui enregistre une forte croissance, doit rester indépendant.

Capital.fr : Quand allez-vous commercialiser sur le marché des jeux massivement multijoueur sur Internet ?
Y. G.: Nous sommes en effet absents de ce marché, mais nous comptons dès l’an prochain lancer un jeu massivement multijoueur « light ». C'est-à-dire que notre jeu sera accessible gratuitement, mais il faudra ensuite payer un abonnement mensuel. Et si les premiers jeux seront des RPG (= jeux vidéo de rôle) destinés à un public de joueurs passionnés, nous devrions rapidement lancer des jeux plus grand public.
(Texte adapté pour cette épreuve)

Ils ont osé tout plaquer. Et après? - EOI francés B1

Ils ont osé tout plaquer

Laurence Passy 40 ans

« Je travaillais pour une entreprise de lunetterie à New York. Professionnellement j’étais au top. Et puis, j’ai eu un très grave accident de cheval : je me suis retrouvée à l’hôpital, partiellement paralysée. Ma boîte s’est “séparée” de moi, mon mec aussi. Je n’avais pas le moral ! C’est grâce à ma psy que j’ai compris qu’il fallait que je change de vie.
Après l’accident, je me mets à la recherche d’un vignoble dans le Sud-Ouest. Sur le chemin, en Auvergne, je m’arrête dans un très joli village médiéval, “ressuscité” par une copine d’enfance.. Je m’entends lui dire : “Appelle-moi si tu as des soucis.” Trois mois plus tard, son affaire est à vendre.
Coup de foudre. J’ai investi quinze ans d’économies pour redonner une âme à ce lieu sublime. Je suis ravie. Je suis au four et au moulin de 7 heures à 1 heure du matin, je fais plaisir et je “me” fais plaisir: j’ai une clientèle de couples d’amoureux. »

 

Léon Petit 53 ans

« En Italie, j’étais une star de cinéma : j’avais tourné 45 films, dont 38 premiers rôles. En 1985, je suis choisi pour tenir le premier rôle dans le plus grand feuilleton français jamais réalisé: “Châteauvallon”.
Je ne pouvais plus faire un pas dans la rue sans que l’on m’arrête. Je venais de rencontrer une dame qui allait changer ma vie et devenir mon épouse, une excellente antiquaire. J’ai pris le risque de tout laisser tomber. Ensemble, nous avons ouvert une boutique aux Puces de Saint-Ouen. Si demain, comme me l’a prédit une voyante, un grand metteur en scène me proposait le rôle de mes rêves, je ne suis pas sûr que j’accepterais. Le métier d’antiquaire n’est pas facile, mais je l’adore. »

 

Estrella Martinez 35 ans

« Petite, mes parents, musiciens, m’emmènent au Kenya pour l’inauguration de l’Opéra de Nairobi. Je comprends que ma vie est là, en Afrique. En Autriche, mon pays natal, je me désespère. À 14 ans, je vole de l’argent à mes parents et m’envole pour Nairobi. Interpol me retrouve trois jours plus tard. Retour à la case départ.
Ensuite, j’épouse un Français à Paris. Je suis heureuse… le jour. La nuit, je me réveille en pleurs avec une pensée lancinante : “Tu t’es trahie.” Un documentaire télé sur les gorilles me fait l’effet d’un électrochoc. Je décide de tout larguer – Paris, mon job, mon mari – pour le reportage animalier. John Paris, un milliardaire anglais, me confie un projet : la réintroduction de gorilles dans leur milieu naturel, au Congo.
Pendant quatre ans, c’est le bonheur. Mais la guerre civile au Congo nous plonge, moi et mes gorilles, dans le cauchemar. Je dois fuir. De retour à Paris, je suis brisée : une blessure au genou m’immobilise. Je décide de me mettre à l’écriture. Soudain, un soir d’août, à la campagne chez des amis, je ressens la même sensation qu’à 15 ans. Le désir de vivre et de larguer les amarres est à nouveau très fort. Dès que mon livre sera publié en France, je repars en Afrique de l’Est réaliser un projet sur les éléphants. »

 

Pierre Piset 40 ans

« Au lycée agricole, on me traitait de “de bon à rien”. J’ai découvert la culture grâce à un prof qui nous emmenait au théâtre. Je n’ai jamais été un grand lecteur, mais j’ai de grandes oreilles ! Je me souviens du soir où tout a basculé. On était en juin 1990. Nous avions organisé une fête afin de récolter des fonds pour des amis en difficulté. Les spectateurs étaient scotchés à leur chaise en voyant mon interprétation. C’était l’ébauche de ma première pièce. Puis tout s’est enchaîné. J’ai rencontré Marine, une prof de philosophie… Aujourd’hui, je gère une compagnie et un théâtre de 150 places. Je suis heureux. »

Le Centre Pompidou à la conquete des villages - EOI francés B1

Le Centre Pompidou à la conquete des villages
Et le Centre Pompidou créa… le musée mobile. Mais cette structure nomade ne verra le jour que si les mécènes sont au rendez-vous. Concrètement, le patron de Beaubourg, Alain Seban, doit trouver 3 millions d'euros pour financer la construction de ce musée itinérant… destiné à "amener l'art dans les territoires mal irrigués par l’offre culturelle", comme il l'a annoncé lors de la présentation du projet à la presse, jeudi 5 novembre. Autrement dit, transporter Picasso ou Matisse dans les campagnes.
Pour la construction, M. Seban avance "la fin de 2010", .en observant que "2009 devrait être un record en termes de mécénat pour le Centre Pompidou". La présentation du musée mobile s'apparente davantage à une séance destinée à séduire des investisseurs. Et des futurs clients, qui auraient envie d'avoir des maîtres du XXe siècle chez eux… L'idée est d'installer le Centre Pompidou mobile durant un an dans une région, dans trois lieux différents. Les collectivités locales qui accueilleront la structure devront payer. "Chaque étape coûtera 300 000 euros", précise M.Seban…
Les premiers tableaux, dévoilés par la conservatrice Emma Lavigne, en charge de la première exposition, sont prometteurs.
Celle-ci sera dédiée à la "couleur", un thème assez large pour y mettre ce que l'on veut. Dans l'ordre des oeuvres citées : Nature morte au magnolia (1941) de Matisse, Femme en bleu (1901) de Picasso, La Gamme jaune (1907) de Kupka…
Comment assurer la sécurité des oeuvres, alors même que le lieu doit être suffisamment ouvert et attractif pour faire venir un public qui n'a pas l'habitude d'entrer dans un musée ? Patrick Bouchain a conçu l'objet dans l'esprit d'un chapiteau : une structure en bâche démontable.
La construction s'apparente à un jeu d'assemblage : des formes géométriques très colorées - violet, vert, orange - incarneront chacune un espace… M. Bouchain les appelle des "baldaquins" ou "baldacos", en hommage à ces tentures d'étoffe riche que fabriquait l'Irak, explique-t-il. Chaque zone sera plus ou moins sécurisée : "On peut imaginer que la Femme en bleu sera blindée, derrière une vitrine. Et que des installations de Buren, ou autres, permettront au public de toucher l'art.
"M. Bouchain, au début des années 1990, avait créé des "petites maisons foraines" alors que Jack Lang, ministre de la culture et de l'éducation, avait fait de l'art à l'école l'une de ses priorités.
L'extérieur du musée mobile sera très accrocheur, mais l'intérieur sera neutre pour laisser la place aux oeuvres. Et au spectacle. Des comédiens recrutés localement auront pour mission de "scénariser" le parcours afin d'aider les visiteurs à entrer en contact avec l'oeuvre. Les croquis de M. Bouchain sont prometteurs. Il n'y a plus qu'à attendre le feu vert pour la construction - et l'argent.
Le Centre Pompidou mobile fait partie des dix projets de la Commission pour la création artistique animée par Marin Karmitz (Le Monde du 11 septembre), dont une des missions est de toucher un public qui ne fréquente pas les lieux de culture.
Cette annonce est aussi un pas de plus dans la politique de délocalisation des oeuvres par les grands musées, dans le but, notamment, d'alimenter les caisses. Le Louvre, Orsay ou le Centre Pompidou ont dans un premier temps développé la location d'expositions à des musées riches, au Japon, en Australie ou aux Etats-Unis. Il y a eu ensuite la création de musées-bis, comme le Centre Pompidou à Metz (ouverture au printemps 2010) et le Louvre à Lens. Ou encore l'opération Louvre à Abou Dhabi. Voilà le mini-musée qui viendra frapper à la porte des gens, tel le camionboulangerie dans les villages.
On ne connaît pas encore la première destination du musée. Mais M. Bouchain s'est déjà fixé un objectif : "Etre à Marseille en septembre 2012", ville qui sera capitale culturelle de l'Europe en 2013. 
Clarisse Fabre
Source: Le Monde

Nouvelles technologies: quand le corps se bloque - EOI francés B1

Nouvelles technologies: troubles musculo-squelettiques
Quelques mois après l’apparition d’une nouvelle technologie, il n’est pas rare de découvrir un problème de santé associé à un usage un peu trop intensif. Récapitulatif des derniers troubles musculo-squelettiques qui guettent les accros aux nouvelles technos.

 

Abus de SMS, les pouces trinquent.

Avec la vogue des SMS illimités, les pouces sont à dure épreuve. Sollicités des dizaines, voire des centaines de fois par jour, ils finissent par s’enflammer. Et une fois l’inflammation déclarée, seul le repos permet de soulager les articulations.

 

Abus de console, bonjour la Wii elbow.

Les amateurs de tennis connaissent bien le tennis elbow, cette tendinite du coude qui guette tous ceux
qui se remettent un peu trop brutalement à l’entraînement. Cette tendinite n’épargne pas les joueurs de console, soucieux de mettre leur avatar à la première place. L’association britannique des chiropracteurs mettait en garde en 2007 contre ces blessures dues à un usage trop intensif. Elle préconisait un échauffement des articulations (poignet, épaules, cou) pour les prévenir.

 

Abus de Smartphone, attention au cou.

Le fait de se pencher sur son téléphone provoquerait des tensions dans le cou.

 

Abus d'iPad, attention au torticolis.

Une étude américaine a montré que l’engouement pour les iPad et autres supports numériques pourrait engendrer torticolis et douleurs des épaules en raison des mauvaises postures.

 

La 3D responsable de maux de tête ?

La 3D nous ferait-elle tourner la tête ? C’est en tout cas le reproche fait par certains chercheurs et utilisateurs, aussi bien du côté du cinéma que des jeux-vidéos.

 

Une immersion un peu trop réussie au cinéma.

En août 2011, un chercheur américain a étudié 400 spectateurs sortant d’une salle de cinéma. Ceux qui avaient vu le film en 3D étaient trois fois plus nombreux à souffrir de maux de tête, de fatigue oculaire et de troubles de la vision. Or, ces troubles ne seraient pas nécessairement compensés par un plaisir plus intense, car d’après les résultats, les spectateurs de 3D auraient eu une expérience émotionnelle similaire à ceux de la 2D.

 

Attention aux enfants.

Le même reproche avait été fait à la console 3DS lors de sa sortie. Selon l’association Robin des Bois qui s’offusque des conséquences de la 3D sur nos yeux, deux populations seraient particulièrement sensibles aux effets de la 3D : les personnes souffrant de déséquilibres binoculaires, par exemple ceux qui auraient tendance à loucher, ainsi que les enfants dont le système oculaire est en cours de développement. Le journal Le Figaro enfonce le clou en octobre 2011 avec un article intitulé : « Les images 3D représentent un risque pour les enfants». Selon le journaliste, près de 20% des personnes supporteraient mal les images en relief !
Alors offrons un peu de répit à nos yeux, tant que la télévision en 3D n’a pas encore envahi nos salons !

 

Devant l’écran, 5 conseils pour préserver son cou et son dos :

Les conseils de l’Association Française de Chiropratique pour contrer ce fléau :
  • Faites des pauses fréquentes entre deux usages de l’appareil.
  • Soignez votre position. Surélevez votre ordinateur de façon à ce que le haut de l’écran soit au niveau des yeux. Apposez les coudes sur le bureau.
  • Ne restez pas trop longtemps la tête fléchie en avant et vers le bas, de manière prolongée.
  • Tenez votre téléphone à hauteur de visage lorsque vous rédigez un SMS. Placez vos bras et avantbras à angle droit.
  • Etirez régulièrement le dos et le cou.
 Femme Actuelle. Janvier 2012

Un blog à succès - EOI francés B1

Les tribulations d'une caissière
En l'espace d'un mois, la vie d'Anna a basculé. Il y a peu, elle était encore hôtesse de caisse dans un hypermarché Leclerc à Rennes. On la retrouve désormais sur les plateaux télé, comme chez Laurent Ruquier (France 2) ou face à Samuel Etienne (Canal+). Elle a déjà eu les honneurs de la presse locale et nationale. À 28 ans, elle est débordée mais ne se plaint pas de sa notoriété soudaine.
«C'est curieux à vivre mais ce n'est pas désagréable», indique-t-elle, pas peu fière. Pas tellement d'ellemême, mais de toutes les caissières. Ces employées trop souvent dépréciées, dont elle s'est fait la porteparole et qu'elle défend sur les plateaux télévisés. Son succès s'est forgé sur Internet où Anna a créé son blog, en avril 2007. Populaire, il totalise aujourd'hui plus de 155000 connexions. Bien avant sa médiatisation, le site comptait déjà 1500 lecteurs quotidiens.
Un peu dépassée par l'impact de ses écrits, la jeune femme avoue qu'à l'origine, elle percevait les blogs comme des journaux intimes un peu ennuyeux. Mais elle s'est finalement rendu compte que c'était le moyen le plus pratique pour exprimer ses idées. «J'en avais marre du regard des clients qui nous prennent pour des écervelées, marre de ceux qui ne disent jamais bonjour ou qui téléphonent sans gêne en passant à la caisse».
Souvent pathétiques pour le genre humain mais jamais méchantes ou humiliantes, les anecdotes d'Anna se sont nourries de ses derniers mois passés devant le tapis roulant, à raison de vingt-quatre heures par semaine. Elles révèlent les pires comportements des consommateurs, au moment où ils passent à la caisse: l’impatience, l'indifférence, l'égoïsme, le stress... Toujours sur un ton humoristique et léger. Elle est consciente que les scènes qu'elle rapporte ne reflètent qu'une infime partie de la vie de ces gens et ne l'autorisent pas à généraliser sur la société.
Début janvier, Anna a laissé son job à l'hypermarché. Elle espère retrouver un travail au contact des livres, dans une bibliothèque ou une maison d'édition. Pas question pour autant de tourner définitivement la page de son blog. Elle conserve quantité de notes dans son carnet et projette même d'ouvrir les colonnes de son site à d'autres caissières ou caissiers, qui loin de n'enregistrer que des codes-barres, sont autant de regards sur les millions de clients qui fréquentent chaque jour les supermarchés.
© Le Monde, Emmanuel Valette, janvier 2008
(Texte adapté pour cette épreuve)
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