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A talent for spying - EOI Islas Baleares inglés C2 resuelto

A talent for spying
The publication of the history of MI6 reveals the British gift for espionage. The concept of an authorised history of a secret agency, which did not officially exist until 1992, is slippery, to say the least. The publication of Professor Keith Jeffery’s MI6: The History of the Secret Intelligence Service 1909 – 1949, is notable for the very fact of its existence as well as the secrets that it reveals. It also invites a much broader question. Why is British identity so bound up with espionage and subterfuge? Have the British made unusually good spies, and if so, do they continue to do so in today’s very different diplomatic environment?
MI6 began with a mistake. ―We went to the office and remained there all day but saw no one, nor was there anything to do‖. That was the verdict of Mansfield Cumming in 1909 after his first day at work as head of the foreign section of the new Secret Service Bureau, the agency that later became the Secret Intelligence Service (or MI6). For once there was simple explanation: Cumming had accidentally started work a week early.
That inauspicious start quickly gave way to serious victories. La Dame Blanche, the most successful intelligence network of the First World War, orchestrated 880 men and women working behind enemy lines. During the operation to penetrate occupied France and Germany in the Second World War, an agent’s average life expectancy was three weeks. An incalculable debt is owed to the bravery of those men and women.
But even armed with the evidence of this book, taking measure of MI6 is unusually difficult. First, although MI6 has opened up in recent years (it now has a more conventional recruitment process than the donnish tap on the shoulder) it remains much more secretive than its sister agency MI5. Second, Mr Jeffrey’s evidence covers only 1909- 1949 – perhaps because it stops just short of the most embarrassing era in MI6’s history. In 1951, a Cambridge spy ring was exposed, in which double agents such as Kim Philby had betrayed British state secrets in the service of the Soviet Union.
That MI6 was once so dominated by Oxbridge and the public schools exposes both the genius and the fault line in British intelligence. The British class and education system, by honing the ability to hide real feelings beneath charm and polish, made for natural spies. Charm, in Evelyn Waugh’s phrase, ―is the English disease‖. But the ability to say one thing while feeling another has practical benefits. ―For the British it could be said that the inclination to deceive is already available as a natural asset,‖ concluded one American intelligence chief. Indeed, the United States did not even have a secret service until 1942.
In recent decades, MI6 has been accused of being slow to adapt. The absence of weapons of mass destruction in Iraq undeniably tarnished its reputation. And MI6 was influenced by America’s overreliance on high-tech intercepts, rather than face-to-face human intelligence. But 9/11 showed that high-tech systems can only augment traditional intelligence, never replace it.
MI6 has continued to punch above its weight. Oleg Gordievsky’s defection was a Cold War triumph. And Libya’s decision to abandon its nuclear programme in 2003 owed much to MI6’s relationships, its agents’ ability to persuade. When it comes to human intelligence, it remains the case that nobody does it better. 
Adapted from The Times, August 2010.

Chaque femme est un roman - EOI francés B2

«Roman en liberté» et «livre foutraque1» de l'aveu même de son auteur, Chaque femme est un roman constitue le dernier volet d'une trilogie familiale entamée avec Le Zubial et poursuivie avec Le roman des Jardin. Après avoir dévoilé au grand jour les secrets d'une famille excentrique, Alexandre Jardin se concentre sur les «adorables perturbatrices» qui l'ont aidé à se construire et à penser autrement, «loin des glissières de sécurité». Jardin, pour qui les femmes sont des «tremplins vers le fabuleux», convoque un bouquet de créatures et de séducteurs. Voici notamment une blonde voisine qui fait l'amour «comme on sort de la route» alors qu'il essaye de réviser sagement pour son baccalauréat; une mère qui brûle sa bibliothèque; un ministre de la Ve République qui a fait le gigolo; ou cette Milou qui croit au pouvoir des mots. Le savoureux portrait de l'éditrice Françoise Verny vaut le détour. De l'Alexandre Jardin pur jus!
Je m'appelle Alexandre et je suis écrivain.
Longtemps je me suis cru l'héritier d'une famille givrée2, portée par l'écume du siècle et engagée dans des tournois sentimentaux qui me dépassaient - alors que je suis né de mes rencontres avec d'étourdissantes perturbatrices. Ce sont les femmes, en effet, qui m'ont appris à penser autrement, loin des glissières de sécurité. Les hommes, en revanche, ne sont pas mon genre. [...] L'improbable roman de mes apprentissages se confond avec celui de mes rapports avec des filles toquées de3 liberté. Toutes ont dynamité mes opinions ou fait craquer la tunique de mes réflexes trop sérieux.
Ma mère, la première, réprima mon inclination pour la tranquillité en faisant la guerre à mon fond d'idées stables. Saute toujours dans le vide, jamais dans ce plein, me répétait-elle souvent. Dans son esprit, cela signifiait torpiller l'idée même du repos. Chaque jour, je devais larguer les amarres, effondrer mes certitudes et, surtout, envisager l'inconcevable. Il ne fallait consentir à rien de fixe et à rien qui manquât de hauteur. Avide de tempéraments de son calibre, je me suis ensuite efforcé de dénicher des filles inclassables et souvent dénuées de ballast4 moral. Ces faux départs passionnels, à l'ouverture de ma vie, ne furent pas les moins formateurs. Le goût des femmes différentes, chez moi, a suppléé une fréquentation de l'université (où je n'ai fait qu'un saut tant je craignais d'y expier mon ignorance). Aujourd'hui encore, je continue à vivre des intérêts de ce pactole de liaisons et d'amitiés avec de robustes luronnes. C'est en faisant à leurs côtés l'expérience de l'inimaginable ou de l'impossible tenté que j'ai appris à apprendre et surtout à désapprendre.
- Des réservoirs sur les bateaux permettant de changer l’immersion ou l’équilibre.
Ce livre foutraque est le recueil de leurs préceptes, ou plutôt l'histoire électrique des interrogations qu'elles n'ont cessé d'allumer en moi. Parfois, il me semble que les femmes sont des tremplins vers le fabuleux. [...] Depuis mon plus jeune âge, je sais que chaque femme est un roman. Voici en quelque sorte mes études littéraires, blondes et brunes.
Ce volume, crucial à mes yeux, a failli ne pas voir le jour! [...] Pourquoi passe-t-on tant de temps à éluder ce qui nous est essentiel? Mi-avril 2007, je prends une décision difficile: je brûle l'ouvrage - fabriqué, chargé de brillances et finalement raté - sur lequel je m'échinais depuis plus d'un an. Quel soulagement! Façon sans doute de me sentir à nouveau fils de ma mère. [...] Je flambe donc ce manuscrit mort-né avec l'espoir que cette taille fera remonter en moi une sève franche. Au fond, j'ai moins été déçu par ce roman glacé que par l'homme déloyal que j'étais devenu en l'écrivant. Je m'y dérobais derrière des mots.
Illico, je préviens ma mère de mon autodafé. Fidèle à son logiciel d'aventurière brevetée, elle me rétorque:
- Bravo mon chéri! Je n'en attendais pas moins de toi. On devrait toujours flamber ses livres... Je recommande cette ascèse.
- Pourquoi?
- Pour ne pas vieillir avant l'heure. C'est pour cela que je n'ai jamais publié les miens...
- Tu as écrit des romans... toi aussi?
- Pour les brûler, cinq ou six. Tu vois, il arrive que nous soyons de la même famille... Curieuse lignée de brûleurs de livres...

Texte adapté. © Alexandre Jardin, Chaque femme est un roman.
(Encadré : © www.lire.fr) (696 mots)

Ils ont osé tout plaquer. Et après? - EOI francés B1

Ils ont osé tout plaquer

Laurence Passy 40 ans

« Je travaillais pour une entreprise de lunetterie à New York. Professionnellement j’étais au top. Et puis, j’ai eu un très grave accident de cheval : je me suis retrouvée à l’hôpital, partiellement paralysée. Ma boîte s’est “séparée” de moi, mon mec aussi. Je n’avais pas le moral ! C’est grâce à ma psy que j’ai compris qu’il fallait que je change de vie.
Après l’accident, je me mets à la recherche d’un vignoble dans le Sud-Ouest. Sur le chemin, en Auvergne, je m’arrête dans un très joli village médiéval, “ressuscité” par une copine d’enfance.. Je m’entends lui dire : “Appelle-moi si tu as des soucis.” Trois mois plus tard, son affaire est à vendre.
Coup de foudre. J’ai investi quinze ans d’économies pour redonner une âme à ce lieu sublime. Je suis ravie. Je suis au four et au moulin de 7 heures à 1 heure du matin, je fais plaisir et je “me” fais plaisir: j’ai une clientèle de couples d’amoureux. »

 

Léon Petit 53 ans

« En Italie, j’étais une star de cinéma : j’avais tourné 45 films, dont 38 premiers rôles. En 1985, je suis choisi pour tenir le premier rôle dans le plus grand feuilleton français jamais réalisé: “Châteauvallon”.
Je ne pouvais plus faire un pas dans la rue sans que l’on m’arrête. Je venais de rencontrer une dame qui allait changer ma vie et devenir mon épouse, une excellente antiquaire. J’ai pris le risque de tout laisser tomber. Ensemble, nous avons ouvert une boutique aux Puces de Saint-Ouen. Si demain, comme me l’a prédit une voyante, un grand metteur en scène me proposait le rôle de mes rêves, je ne suis pas sûr que j’accepterais. Le métier d’antiquaire n’est pas facile, mais je l’adore. »

 

Estrella Martinez 35 ans

« Petite, mes parents, musiciens, m’emmènent au Kenya pour l’inauguration de l’Opéra de Nairobi. Je comprends que ma vie est là, en Afrique. En Autriche, mon pays natal, je me désespère. À 14 ans, je vole de l’argent à mes parents et m’envole pour Nairobi. Interpol me retrouve trois jours plus tard. Retour à la case départ.
Ensuite, j’épouse un Français à Paris. Je suis heureuse… le jour. La nuit, je me réveille en pleurs avec une pensée lancinante : “Tu t’es trahie.” Un documentaire télé sur les gorilles me fait l’effet d’un électrochoc. Je décide de tout larguer – Paris, mon job, mon mari – pour le reportage animalier. John Paris, un milliardaire anglais, me confie un projet : la réintroduction de gorilles dans leur milieu naturel, au Congo.
Pendant quatre ans, c’est le bonheur. Mais la guerre civile au Congo nous plonge, moi et mes gorilles, dans le cauchemar. Je dois fuir. De retour à Paris, je suis brisée : une blessure au genou m’immobilise. Je décide de me mettre à l’écriture. Soudain, un soir d’août, à la campagne chez des amis, je ressens la même sensation qu’à 15 ans. Le désir de vivre et de larguer les amarres est à nouveau très fort. Dès que mon livre sera publié en France, je repars en Afrique de l’Est réaliser un projet sur les éléphants. »

 

Pierre Piset 40 ans

« Au lycée agricole, on me traitait de “de bon à rien”. J’ai découvert la culture grâce à un prof qui nous emmenait au théâtre. Je n’ai jamais été un grand lecteur, mais j’ai de grandes oreilles ! Je me souviens du soir où tout a basculé. On était en juin 1990. Nous avions organisé une fête afin de récolter des fonds pour des amis en difficulté. Les spectateurs étaient scotchés à leur chaise en voyant mon interprétation. C’était l’ébauche de ma première pièce. Puis tout s’est enchaîné. J’ai rencontré Marine, une prof de philosophie… Aujourd’hui, je gère une compagnie et un théâtre de 150 places. Je suis heureux. »

L'intégriste des intégristes

Il a mis les milieux catholiques en émoi et indigné le reste du monde ; il a obligé le pape à assurer les juifs de sa "solidarité totale". Il vient de se voir démis de ses fonctions à la tête du séminaire intégriste de la Reja en Argentine, qu'il dirigeait depuis quelques années. Mais dans la tempête, Richard Williamson fait mine de rien et, le 7 février, date de la dernière chronique parue sur son blog, il disserte, en mélomane, de la beauté de la troisième symphonie de Beethoven.
En assurant au cours d'un entretien télévisé que "pas un juif n'avait péri dans les chambres à gaz", cet évêque britannique de 68 ans, membre de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, le courant schismatique de Mgr Lefebvre, a acquis en quelques heures une notoriété mondiale. Sa bombe négationniste, lancée au moment même où le pape annonçait la levée de l'excommunication qui le frappait, ainsi que trois de ses confrères, depuis vingt ans, a installé le personnage dans son rôle de "type incontrôlable".
"C'est un fanatique qui passe son temps à dire des conneries", veut croire un prêtre français, bon connaisseur du milieu intégriste. Ancien professeur de littérature et de philosophie, Mgr Williamson est surtout connu pour être, parmi les héritiers de Mgr Lefebvre, l'un des tenants de la ligne la plus dure à l'égard du Vatican. "Il est, sur les sujets touchant à l'Eglise et à son évolution depuis le concile Vatican II, d'une intransigeance totale", témoigne une personnalité engagée dans le dialogue entre les intégristes et les conciliaires, qui l'a rencontré à plusieurs reprises.
Il se raconte même que Mgr Lefebvre, percevant sous ce personnage coutumier des jugements à l'emporte-pièce de possibles complications, aurait hésité à l'ordonner évêque ; ce que dément la Fraternité Saint-Pie-X. "Il fut choisi pour ses dons en langues (la Fraternité ayant l'ambition d'essaimer à travers le monde) et sa fidélité à la pensée de notre fondateur", indique aujourd'hui un lefebvriste.
Ces "qualités" lui valurent en tout cas d'entrer dans l'histoire de l'Eglise catholique, le 30 juin 1988, devant quelque 6 000 fidèles et des dizaines de journalistes. Ce jour-là après des mois d'hésitations, Mgr Lefebvre ordonne évêques quatre prêtres de la Fraternité. Leur mission : ordonner à leur tour des
prêtres pour que la Fraternité ne s'éteigne pas avec son fondateur, alors âgé de 83 ans. Ce geste provoque l'excommunication immédiate des évêques, et crée le schisme que Benoît XVI s'efforce aujourd'hui de résorber.
Lors de son ordination, à 48 ans, Richard Williamson, converti sur le tard au catholicisme, est le plus âgé des quatre impétrants. Ce parcours ecclésiastique fulgurant ravit cet anglican londonien de bonne famille, compagnon de la première heure de Mgr Lefebvre. "Il m'a toujours dit qu'il était un converti de 68", assure un prêtre qui l'a côtoyé au séminaire d'Ecône (Suisse), le fief historique de la Fraternité. Horrifié par le virage "libéral" que prennent alors les sociétés occidentales, le professeur Williamson succombe au discours conservateur de Mgr Lefebvre, qui, dès la fin du concile de Vatican II, en 1965, s'est érigé en défenseur de la "tradition", recrutant dans les milieux les plus réactionnaires de l'Eglise. L'évêque britannique trouve à Ecône "un environnement favorable à une
véritable conversion", assure l'une des personnes qui l'y a rencontré. Le converti se complaît bientôt dans la dévotion à la Vierge ; il développe en outre un goût marqué pour "l'apocalypse".
Le doute persiste aussi sur sa volonté réelle de voir lever son excommunication, contrairement à Mgr Bernard Fellay le supérieur général de la Fraternité, qui y travaille depuis plusieurs années. "En provoquant le scandale avec ses propos sur les chambres à gaz, il empêche tout accord de réconciliation entre le courant intégriste et le Vatican", analyse l'abbé Guillaume de Tanoüarn, ancien lefebvriste, aujourd'hui membre de l'Institut du Bon Pasteur. Cette intransigeance expliquerait son "éloignement" en Argentine, qui n'abrite "pas le séminaire le plus prestigieux de la Fraternité", reconnaît l'un de ses membres.
Présenté comme un "homme de culture", "pianiste émérite", capable d'évoquer Shakespeare dans ses homélies, Mgr Williamson assure s'être intéressé au négationnisme dans les années 1980. "J'ai toujours cherché la vérité", se justifie sans vergogne le prélat anglais dans le Spiegel du 9 février 2009. Une "quête" qui l'amène à déclarer dès 1989 au Canada : "Les juifs ont inventé l'holocauste pour nous mettre à genoux, pour faire accepter leur nouvel Etat Israël. Tout cela, ce ne sont que des mensonges."
Après la répétition de ses prises de position qui, ces dernières semaines, ont scandalisé le monde, Mgr Williamson s'est déclaré prêt à "étudier" à nouveau la question. La Fraternité a officiellement récusé ses propos, tout en se montrant assez compréhensive. Sur son site, elle salue la "volonté (de Mgr Williamson) de s'informer objectivement en étudiant la thèse adverse de celle à laquelle il a adhéré jusqu'à présent", laissant entendre au passage qu'il y aurait bien, sur ce sujet, deux "thèses" en présence.
Pour l'heure, la Fraternité ne s'est donc pas résolue à se débarrasser de l'évêque.
Il est vrai qu'à la tête de ses propres troupes, "il pourrait faire des petits" en ordonnant de nouveaux prêtres et, ainsi, perpétuer le schisme. Parallèlement, sa présence complique un accord, déjà hypothétique, avec le Vatican. L'Eglise, elle, ne peut pas l'excommunier à nouveau : "Le pape n'excommunie pas sur des sujets historiques", note un évêque.
"Peut-être finira-t-il aumônier pour religieuses contemplatives ?", suggère mifigue mi-raisin un proche de la Fraternité. Ou devant la justice des hommes. En Allemagne, le parquet a ouvert une enquête ; en France et en Argentine, des plaintes ont été déposées pour "contestation de crimes contre l'humanité". Le "problème Williamson" est loin d'être résolu.
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