Boulot: ceux qui disent non. PAU 2004

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Manifeste des chômeurs heureuxLe réveil ne sonne plus chez Fabrice. Fini, les bousculades dans le métro et le regard vide devant la télé en rentrant du boulot*. Fabrice, 30 ans, a choisi d’être chômeur volontaire. Sans complexe. Il ressent comme une libération ce que la majorité des sans-emploi vivent comme un drame.
C’est en 1996, en Allemagne, que paraît le «Manifeste des chômeurs heureux». Dès qu’ils le découvrent, Fabrice et Alain s’empressent de monter un site Internet en France. Sur la page d’accueil, on peut lire : «Être un chômeur heureux, c’est faire preuve de lucidité et d’un certain courage».
Au Medef*, on s’insurge: «Ces gens bénéficient de la solidarité publique, qui n’a pas pour but de les rendre heureux mais de les réintégrer».
Sylvie, une douce mère de famille de 36 ans, ne voit pas les choses de la même façon. Pour elle, le chômage est un «cocon*» qui la protège des violences du monde du travail. «J’ai un budget de 1200 euros par mois, dit-elle. Mais depuis que je suis au chômage, j’ai développé des capacités d’adaptation hallucinantes!». Séparée du père de ses enfants, elle était consultante dans un cabinet de replacement lorsqu’elle a été licenciée en décembre 2001.
Sylvie tente parfois sa chance sur le marché de l’emploi. Pour voir. «Vous n’êtes pas une battante, vous ne savez pas vendre!», lui a dit un employeur. «Le monde du travail est dur pour les gens comme moi. Les patrons veulent des gens sûrs d’eux, comme si c’était un signe d’intelligence!», soupire-t-elle.
Daniel, barbu d’une cinquantaine d’années, connaît le poids du regard des autres et leur «scepticisme» face au mode de vie qu’il s’est choisi. Cet ancien architecte se débrouille aujourd’hui avec le RMI*, 320 euros par mois. Par choix, par philosophie. Sa soeur et son beau-frère, chef d’entreprise, lui font régulièrement remarquer qu’ils «paient» pour lui. «À mon âge, ça devient dur. Mes copains sont devenus de vieux cons. Un jour, l’un d’eux m’a dit: “Mon pauvre, tu es tombé bien bas, d’architecte tu es devenu SDF*”». Les services sociaux lui paient le loyer et l’électricité de son petit appartement.
Pour Daniel, «bien sûr, ce serait plus facile de faire comme certains de mes amis Rmistes, qui travaillent au noir. Mais je veux vivre selon mes principes: ce n’est pas parce que je n’ai pas les moyens de consommer que je ne suis pas un citoyen comme les autres». Sur sa carte de visite, il se présente comme «créateur de lien social» : «Ce qui m’importe, c’est d’être utile à la communauté, ce n’est pas combien je gagne». Il sourit quand on lui demande s’il a toujours pensé comme ça : «Avant, je voulais tout, de l’argent, du travail… C’est normal, quand on est jeune. C’est plus tard que je me suis posé la question: est-ce que j’ai besoin d’avoir un niveau de vie tel qu’il m’oblige à travailler dix ou douze heures par jour?» Pour Daniel, à l’évidence, la réponse est non.
D’après Le Point, 24 octobre 2003
* boulot : en langue familière, travail
* Medef : association des entrepreneurs français
* cocon : au sens figuré, endroit où on s’isole, où on se retire, en général pour se protéger de quelque chose
* RMI : Revenu minimum d’insertion ; allocation payée aux personnes ne disposant d’aucun revenu
* SDF : Sans domicile fixe, en général synonyme de « personne qui n’a pas de logement propre (soit comme propriétaire soit comme locataire) »

RESPUESTAS

COMPRÉHENSION ÉCRITE

Lisez le texte, puis cochez la bonne réponse.
1. Est-ce que les personnages mentionnés par leur nom propre dans le texte ont tous décidé d’arrêter de travailler volontairement ?
a) Oui, ils ont tous décidé d’arrêter volontairement de travailler.
b) Non, tous n’ont pas pris cette décision de manière volontaire.
c) Le texte ne permet pas de le dire.
2. Laquelle des idées suivantes est contenue dans le texte ?
a) Fabrice se sent libéré en étant au chômage.
b) Presque tous les sans-emploi considèrent qu’être au chômage, ce n’est pas un drame.
c) Fabrice est au chômage parce qu’il n’a pas trouvé une entreprise qui l’embauche.
3. Parmi les arguments avancés contre le chômage volontaire par les entrepreneurs, quel est celui que le texte mentionne ?
a) Les chômeurs sont malheureux.
b) Les personnes qui travaillent doivent payer pour les chômeurs.
c) Les chômeurs n’ont pas les moyens de consommer.
4. D’après les paroles de Sylvie, quelles sont les personnes que les employeurs engagent de préférence ?
a) Les gens qui sont spécialisés.
b) Les gens qui sont intelligents.
c) Les gens qui ne doutent pas de leurs capacités.
5. Est-ce que Sylvie et Daniel arrivent à vivre avec l’argent dont ils disposent ?
6. Quelle est l’attitude envers Daniel de sa soeur et de son beau-frère ?
a) Ils trouvent que c’est une décision acceptable puisque c’est un choix qu’il a pris par philosophie.
b) Ils condamnent sa décision parce que c’est eux qui paient pour lui.
c) Ils ne se prononcent pas.
7. Et les anciens amis de Daniel ? Quelle est leur attitude envers lui ?
a) Ils sont un peu jaloux de lui.
b) Ils ont un peu pitié de lui.
c) Ils ne le voient plus.
8. Pourquoi Daniel a-t-il décidé de changer de mode de vie ?
a) Parce qu’il ne s’entendait pas avec son employeur.
b) Parce qu’il est égoïste et profite du travail des autres.
c) Parce qu’il n’a plus les mêmes valeurs que dans sa jeunesse.

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